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Vieux modèleDe nièmes négociations entre l’Association des pilotes et leur employeur, la RAM, viennent de recommencer. L’opinion publique est agacée: comment comprendre que des salariés, nettement mieux lotis que la moyenne des Marocains, utilisent leur fonction stratégique pour prendre les clients en otages?
Plus gênant, l’Association veut s’octroyer un monopole d’emplois qu’elle nomme «marocanisation» et prendre une part de décision dans les projets de développement de l’entreprise.
Certes, cette fois le bouchon est poussé un peu loin, mais dans le fond, l’Association des pilotes ne déroge pas aux habitudes: de tout temps, les pilotes de la RAM ont remarquablement monnayé leur pouvoir de nuisance comme le prouve le fait que 10% des employés touchent 30% de la masse salariale de l’entreprise. L’Association ne déroge pas non plus aux habitudes mondiales: partout où c’est possible, cette catégorie stratégique d’employés tente par tous les moyens d’obtenir le maximum d’avantages. Ce n’est pas très moral, mais c’est tout à fait logique. Mais ce modèle n’est-il pas sur sa fin? En effet, il ne fonctionne qu’avec des compagnies nationales, qui ne connaissent pas la concurrence, que les contribuables renflouent quand c’est nécessaire et qui n’ont pas à se préoccuper, en aval, de l’état du tourisme ou du commerce. Or, aujourd’hui, il ne reste plus beaucoup de compagnies fonctionnant sur ce modèle: ou bien elles ont fait faillite, ou bien elles ont été absorbées par leurs concurrentes plus performantes, ou bien elles sont devenues elles-mêmes des compagnies compétitives. Qu’on le regrette ou qu’on s’en félicite, l’aérien est entré dans un mode de management tout à fait différent avec l’open sky soutenu par la puissante pression politique du tourisme. Le tourisme et la concurrence se moquent bien du logo dessiné sur la queue des avions. Les négociateurs doivent s’en souvenir, sauf s’ils veulent scier la branche sur laquelle ils sont assis. Mercredi 27 Août 2008
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