En effet, la capitale du Gharb donne l'impression d'une ville-dortoir. Durant les vingt dernières années, la cité a été victime d'une spéculation foncière et d'une urbanisation outrancière qui ont favorisé la construction d'immeubles aux dépens des espaces verts et des lieux de culture et de loisirs. A titre indicatif, toutes les salles de cinéma ont été obligées de fermer leurs portes sous la pression de ‘'l'avancée inexorable du béton''.
Mehdiya, lieu privilégié des estivants, considérée jadis comme l'une des plus belles plages du Royaume avec ses longues étendues de sable et ses belles vagues, est aujourd'hui, le moins qu'on puisse dire, dans un état déplorable. «Mehdiya mérite un meilleur sort. Incontestablement, elle est l'une des plus belles plages du pays, mais malheureusement, elle est délaissée par les opérateurs touristiques. Je n'arrive d'ailleurs pas à comprendre pourquoi certaines plages du pays moins favorisées par la nature sont mieux exploitées», souligne, avec amertume, un habitant près de cette plage.
Située à dix kilomètres au nord de la ville de Kénitra, cette station balnéaire est intégrée dans un cadre naturel des plus uniques. Elle peut être, ‘'excusez du peu'', une destination pour le tourisme écologique grâce à la réserve naturelle de Sidi Boughaba dotée d'un paysage idyllique et à la forêt de la Maâmora et aussi pour le tourisme culturel avec la casbah qui ne cesse de se détériorer, alors qu'elle se trouve sur un site d'une rare beauté donnant sur l'embouchure de l'oued Sebou, sur l'océan et sur la réserve naturelle.
Cette plage accueille, durant la saison d'été, des dizaines de milliers d'estivants. En période des grandes chaleurs, notamment les week-ends, leur nombre peu atteindre les 300.000 selon certaines estimations. Si cette plage dispose d'atouts non négligeables, il n'en demeure pas moins qu'elle ne bénéficie pas de l'attention qu'elle mérite, plus particulièrement de la part des investisseurs. Elle souffre d'un manque criard au niveau des infrastructures. Les cafés poussent comme des champignons et certains d'entre eux, à la tombée de la nuit, émettent des sons cacophoniques et assourdissants mettant à rude épreuve les tympans des passants et des riverains.
Le manque de propreté constitue, par ailleurs, l'un des problèmes sur lequel doivent se pencher les responsables locaux concernés. Les ordures jonchent le sable et les trottoirs. Les quelques pancartes invitant les estivants à respecter la propreté des lieux et l'effort fourni par les quelques travailleurs communaux sous-équipés n'ont eu que peu d'effet.
Transport public
Le transport public constitue aussi un souci majeur pour les milliers d'estivants non motorisés. Avoir une place dans un grand taxi ou dans un autobus est un véritable calvaire, notamment pour les parents accompagnés de leurs enfants obligés d'attendre, surtout les week-ends, des heures et des heures, pour espérer avoir des places dans ces moyens de transport pour regagner leurs domiciles. Une seule société de transport urbain monopolise les différentes lignes de la ville et celle la reliant à la plage de Mehdiya. Les autobus affectés à cette ligne sont insuffisants et manquent ‘'cruellement de confort''. Ceci dit, la sécurité des estivants, elle, est l'un des rares points positifs puisque les services de la Gendarmerie royale, des Forces auxiliaires et de la Protection civile déploient d'énormes efforts pour veiller sur la sécurité et la quiétude des habitants de Mehdiya et de ses visiteurs.