FORMATION-TOURISME-MAROC

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Formation et compétitivité, une très forte corrélation. Le déficit des compétences expliquerait l'atonie énigmatique de la croissance

Au registre de la formation, c'est le déficit des compétences qui expliquerait le peu d'efficience de la compétitivité et partant l'atonie énigmatique de la croissance enregistrée par l'économie nationale.
Pour Tarik El Malki, chargé de développement au Centre Marocain de Conjoncture (CMC), « effectivement, on peut considérer qu'il existe une forte corrélation entre l'état du système de formation d'un pays et sa croissance économique et cela quel que soit son niveau de développement économique». C'est pour cela, explique-t-il, que la plupart des pays émergents, qui ont compris l'importance d'avoir un système de formation performant, ont placé, et cela depuis plusieurs décennies pour certains pays asiatiques notamment, l'éducation et la formation en général au centre de leur stratégie de développement.



Formation et compétitivité, une très forte corrélation. Le déficit des compétences expliquerait l'atonie énigmatique de la croissance
Pour lui, le Maroc aurait accumulé énormément de retard en la matière. Ce qui implique que les lacunes sont importantes et les failles de taille. Mais cette situation, aussi critique soit-elle, n'est pas non plus irrémédiable. Preuve en est la mise en place depuis plus de cinq années maintenant de la réforme dans le secteur de l'éducation sur la base de l'adoption d'une Charte consensuelle entre les différentes parties concernées, à savoir enseignants, syndicats et partis politiques.

Selon M.El Malki, cette réforme met l'accent sur un certain nombre d'orientations dont la déconcentration et l'élargissement de l'autonomie des régions en matière de politique éducative avec la création des académies régionales qui disposent de leur propre budget et mode de fonctionnement, la mise à niveau des infrastructures éducatives surtout dans les régions qui ont accumulé un déficit en la matière, l'amélioration de la scolarisation en milieu rural (spécifiquement la fille rurale), la révision des programmes et manuels scolaires en mettant l'accent sur les langues, les systèmes d'information et la philosophie, etc. Cette réforme, ambitieuse et porteuse d'une vision nouvelle pour le secteur, est en train d'évoluer d'une phase où les pouvoirs publics ont mis l'accent plus sur le quantitatif vers une phase où l'on privilégiera désormais le qualitatif, et donc la formation continue.

Reste le volet de la formation qui pose en effet des problèmes au Maroc. Pour Tarik El Malki, des politiques sectorielles volontaristes voient certes le jour dans l'industrie, le tourisme, l'artisanat, l'agriculture mais ces différents plans ont manqué de visibilité par rapport à l'aspect formation qui est crucial. Les problèmes rencontrés dans le secteur du tourisme notamment sont significatifs à plus d'un titre. «C'est pour cette raison que le Maroc, afin de réaliser ses objectifs en matière de croissance, a besoin de mettre en place une stratégie globale et intégrée au niveau de la formation professionnelle, au niveau de l'ensemble des secteurs d'activité et des branches, qui serait pluriannuelle et déclinée en fonction des besoins», fait-il valoir, avant d'indiquer que «cela demande d'identifier dès maintenant les secteurs porteurs d'opportunités nouvelles pour notre pays et qui soient sources de richesse ; d'identifier les formations qualifiantes à mettre en place afin d'être au rendez vous et estimer les besoins en terme quantitatifs grâce à une planification par région et par filière».

Ainsi, à ce titre, un plan d'urgence de formation professionnelle a été récemment mis en place afin de répondre à la pénurie de main d'œuvre et qui a nécessité un budget de 4 MMDH. Ce plan va dans le détail, proposant pour chaque secteur une feuille de route précise avec le nombre et la nature des compétences nécessaires, le dispositif de formation approprié, le budget mobilisé et l'échéance butoir. «Ce plan est prometteur dans la mesure où il a vu l'implication concertée d'un certain nombre d'acteurs clés concernés, à savoir les ministères de l'Industrie, de l'Agriculture, du Tourisme et de l'Artisanat qui représentent à eux seuls ce que l'on peut appeler les «nœuds du futur» sur le plan économique. C'est une première au Maroc», précise M.El Malki.

Pour rappel, en matière de formation professionnelle, les diverses mesures prévues consistent à développer des programmes d'alphabétisation fonctionnelle par la prise en charge de primes en faveur des salariés alphabétisés et à renforcer l'implication des professionnels dans la gouvernance. Ces mesures visent également le développement et la mise à niveau de la formation professionnelle privée et de la réingénierie du système de formation professionnelle selon l'approche par compétences. Dans le même sens, l'ouverture de 16 établissements notamment dans les secteurs de l'Agriculture, de la Pêche Maritime et des IMME est prévue pour l'année 2008.




Lundi 18 Août 2008



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