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Avec l'objectif de briser le climat de méfiance et favoriser le dialogue La direction de la RAM accède aux revendications essentielles des pilotes Elle déplore cependant l'extrémisme destructeur qui perturbe les vols et handicape la compagnieA ce qui s'apparentait à une épreuve de force au sein de Royal Air Maroc entre la direction et les délégués de l'Association marocaine des pilotes de ligne (AMPL), est venu se substituer - on commençait à presque s'en réjouir - une volonté peu ou prou affichée d'en finir avec un problème - celui de la grève et des revendications - qui empoisonne l'atmosphère. Et surtout qui commence à porter préjudice à la compagnie nationale avec le risque redouté de prendre en otage les passagers.
Pourtant, la meilleure volonté et l'engagement réitérés de la direction de prendre en considération le cahier de doléances des pilotes ne semblent pas suffire à calmer les esprits de ces derniers. La direction de Royal Air Maroc, après une série de réunions studieuses et laborieuses, a proposé, comme souhaitent les représentants du corps des pilotes, l'élaboration d'un nouveau statut de pilote. Elle a également accédé à leur demande de participer à la réflexion, à la rédaction et à la mise en œuvre du texte du projet. Celui-ci, pour une meilleure efficience et aussi pour être conforme aux aspirations des pilotes, devrait tenir compte des contraintes qui pèsent sur l'environnement de Royal Air Maroc, ainsi que des conditions d'exploitation.
La direction de la RAM a non seulement pris en compte de telles revendications, mais elle s'est dite toute prête à engager le processus élaboration d'un nouveau statut. Or, les pilotes, non contents d'avoir obtenu à ce niveau satisfaction, n'ont pas semblé ensuite si pressés. Ils ont assorti cette exigence d'une série de revendications supplémentaires que la direction est invitée à satisfaire illico presto, ici et maintenant, et qui relèvent de la pression, ni plus ni moins. Les revendications vont, en effet, de l'octroi de billets gratuits - pour eux et leurs proches - à la gouvernance et la gestion de la flotte des filiales de la compagnie nationale. On ne saurait s'étonner, dans ces conditions, d'apprendre que dans une ambiance apparentée à une irresponsable surenchère, le cahier de revendications des pilotes comporte 72 réclamations dont il est demandé qu'elles soient immédiatement satisfaites. La direction de la RAM estime à cet effet que “pour appuyer cette démarche d'exigences, les délégués de l'AMPL encouragent depuis plusieurs mois les pilotes de la compagnie à perturber la régularité du programme des vols. Ces derniers, comme on l'a vu, recourent de manière abusive à des refus de vols sous des prétextes fallacieux comme les recours collectif et concerté à des congés de maladie”. C'est ce que les pilotes américains appellent un «Sick-in», vite adopté par les nôtres… Abus professionnels, ils constituent des actes d'indiscipline, mais portent des préjudices financiers graves à la compagnie, sans compter les perturbations provoquées dans le système des horaires et la dégradation certaine de la ponctualité des avions. Les passagers en ont fait les frais. Car, souligne-t-on, à Royal Air Maroc, un avion dont l'horaire de vol est décalé pour cause d'absence de pilote entraîne derrière lui un enchaînement et une cascade de retards d'autres appareils. La quête, voire la négociation avec un éventuel remplaçant, s'avérant « in extremis » parfois longue et difficile. De ces retards cumulés et répétés, les passagers n'ont cessé de se plaindre et la presse d'en faire ses gorges chaudes. Quant à la direction, elle a été contrainte de louer, pour pallier ces déficiences et honorer ses engagements auprès des passagers, deux avions avec équipage. C'est pour elle la seule manière de faire face à une dégradation provoquée par les refus de vols et d'assurer services et prestations. Or, lorsque les responsables de la compagnie posent la question de savoir pourquoi un tel comportement aux pilotes, ceux-ci invoquent le « surmenage », dénoncent un programme de vols non réglementaires qui leur seraient imposés. La direction de Royal Air Maroc ne l'entend pas de cette oreille. Elle assure que « non seulement les programmes de vols sont strictement réglementaires, mais que les vols non programmés, demandés dans des moments exceptionnels même fréquents, sont également parfaitement conformes aux règlements en vigueur ». Mieux, assure-t-on, « le Maroc reste l'un des pays qui respecte le plus et mieux les conditions de travail des personnels navigants ». Aussi, pour mieux être en conformité avec la législation de navigation, la direction a-t-elle pris soin d'interroger les instances administratives et médicales sur le bien-fondé de cette polémique, en ont conclu à da vacuité et n'ont émis « aucun commentaire défavorable aux règles d'engagement de la corporation des pilotes du groupe de Royal Air Maroc ». D'autant plus que le cahier des revendications ne mentionne nulle part « une diminution formelle de la charge de travail », il exige seulement des « aménagements des règles de programmation et de repos allant bien au-delà des usages et des réglementations administratives», rappelle la direction de la RAM. Les deux tiers des pilotes ne suivent pas la consigne de débrayage. Ceux qui persistent dans leur attitude de refus systématique, de rejet de toute proposition, soufflant le chaud et le froid, oscillant sans jamais savoir ce qu'ils veulent, quitte à mettre en péril leur compagnie, ont choisi la voie irresponsable : faire pression sur la direction, jouer le « va-tout », sous couvert de revendications qui vont au-delà de la programmation, discutée en long et en large. Faire pression, c'est aussi agiter à tout bout de champ l'épouvantail de grève à un moment où, le retour des vacances du mois d'août exigeant, les passagers ne peuvent être soumis à des retards ou subir les préjudices de retards et de manquements, à plus forte raison d'un corps noble comme celui des pilotes auxquels leurs vies sont confiées… Cependant, en dépit de toutes ces pressions directes ou indirectes, face au refus systématique des pilotes de coopérer pour trouver une issue acceptable et favoriser le dialogue, la direction de Royal Air Maroc prend en compte le fait qu'une partie des pilotes rejette le mot d'ordre de grève et, ce faisant, réaffirme toujours sa volonté de continuer la concertation responsable et le dialogue avec l'association des pilotes. Elle le fait dans l'esprit des rencontres organisées à cet effet début août et le mardi 19 août dernier et au cours desquelles, plus que jamais, elle réitère sa volonté de s'inscrire dans l'esprit de certaines revendications des pilotes qu'elle juge légitimes, portant notamment sur le développement de leur carrière, l'amélioration substantielle des conditions de mutation et de promotion des pilotes de Royal Air Maroc en qualité de commandants de bord au sein des filiales du groupe, notamment Atlas Blue. Enfin, il a été annoncé que les Officiers pilotes de ligne (OPL), lorsqu'ils remplissent les conditions techniques requises, peuvent immédiatement intégrer dans l'esprit qui la régit une filiale du groupe Royal Air Maroc en qualité de commandants de bord, et ce, à titre provisoire ou définitif. En accédant à cette revendication, la direction de Royal Air Maroc répond à un souci majeur exprimé par les Officiers pilotes de ligne. Mais c'est aussi pour mieux conforter les mesures adoptées en 2006 destinées à combler les déficits en matière d'emploi de pilotes au sein de la RAM et, parallèlement, en démocratiser l'accès. Comment ? Par la gratuité des études pour devenir pilote, le doublement du nombre des promotions d'élèves pilotes, mais aussi l'acquisition de 10 avions d'entraînement. Ces mesures ont été, suite à la fermeture de l'aéroport d'Anfa, renforcées par le transfert de l'Ecole nationale des pilotes de ligne (ENPL) et l'édification à Benslimane d'un campus pour abriter les élèves pilotes. Tant d'efforts et d'initiatives ne peuvent pas ne pas renforcer la conviction d'une bonne foi de la direction de Royal Air Maroc qui, confrontée à de multiples et diverses revendications, s'efforce de répondre à l'une et à l'autre mais interpelle les pilotes pour mieux prendre en compte qu'ils ne font de l'environnement concurrentiel international qui, aiguisé et accentué par la hausse du prix du pétrole, place leur compagnie au cœur d'une course sans merci. Si d'aventure les pilotes persistaient dans leur refus de prendre en considération une telle évolution et mesurer ses retombées, cela signifierait, aux yeux de la direction et de l'opinion, leur aveuglement, une attitude périlleuse propre à détruire la compagnie nationale. Dans ce domaine comme dans d'autres, la désinformation est mère de malentendus. Il faut espérer que les deux parties, qui se sont convenues de se revoir mardi 26 août, puissent raison garder. Il va de la RAM comme il y va du prestige d'une compagnie, symbole et image du Maroc. Vendredi 22 Août 2008
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